Guillaume Grando : L’art de la lumière à la Forwart Gallery

Guillaume Grando

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Il y a des expositions dont on ne ressort pas tout à fait indemne, non pas par la violence du propos, mais par la vibration qu’elles laissent derrière elles. « Microclimate », la première échappée belge de Guillaume Grando à la Forwart Gallery, est de celles-là.

À Anvers, au cœur d’un quartier de la mode toujours plus effervescent, l’artiste français installe un dialogue troublant entre la rigidité de la matière et la fluidité de l’eau.

Guillaume Grando : Du « Graffiti » à la « Phénoménologie »

Si Guillaume Grando (également connu sous le pseudonyme SupaKitch dans ses années street art) a délaissé les bombes de peinture pour la résine, il n’a pas abandonné la quête du geste parfait. Son évolution témoigne d’une maturité artistique tournée vers l’épure.

L’influence océanique : Installé sur la côte basque, Grando est imprégné par la culture du surf. Cette pratique influence sa perception de la vague — non pas comme un objet visuel, mais comme une énergie en mouvement. Ses œuvres cherchent à reproduire cette sensation de fluidité absolue et de profondeur mouvante.

Le passage de la rue à l’atelier : Là où le graffiti impose une urgence et une ligne immédiate, son travail actuel impose la patience. Il a troqué la figuration pour une recherche sur la physique de la lumière.

La technique du « Glaçage » : Son processus est quasi-alchimique. Il utilise la résine non pas comme un simple vernis, mais comme un matériau sculptural. En superposant des couches de pigments et de polymères, il crée des « pièges à lumière ». La couleur n’est pas simplement posée sur une surface, elle est suspendue dans une épaisseur transparente.

Une expérience totale : Quand l’art se déguste

Fidèle à sa réputation de défricheuse de tendances, la Forwart Gallery a transformé le vernissage en une véritable performance lifestyle grâce à Alice Malaret.

La food designer, habituée des scénographies léchées pour Bottega Veneta ou Louis Vuitton, a traduit l’univers de Grando en textures comestibles. Une approche qui fait écho à l’ADN de la galerie : ici, l’art ne se regarde pas seulement, il se ressent, il se touche (des yeux) et, parfois, il se goûte.

Forwart Gallery : L’esthétique de la « Matière »

La Forwart Gallery ne se contente pas d’être un lieu d’exposition ; elle défend une vision spécifique de l’art contemporain où la main de l’artiste et le processus de fabrication sont centraux.

Une identité axée sur la matérialité

Contrairement aux galeries qui privilégient l’art conceptuel immatériel, Forwart se concentre sur les artistes qui « font ». Le fondateur, Lucas De Dycker, sélectionne des créateurs qui transforment la matière brute (résine, bois, métal, textile) avec une rigueur proche de l’artisanat d’art, tout en conservant une intention plastique forte.

Un ancrage international depuis Anvers

Installée depuis 2024 dans le Modekwartier (quartier de la mode) d’Anvers, la galerie s’inscrit dans un écosystème où l’esthétique et le design se croisent. Son rayonnement dépasse largement les frontières belges :

  • Curations de prestige : La présence de ses artistes dans des lieux comme le restaurant étoilé The Jane ou l’hôtel de luxe Botanic Sanctuary montre que la galerie vise une intégration de l’art dans des cadres de vie d’exception.
  • Rayonnement global : En participant à des foires comme PAD Paris ou Enter Copenhagen, Forwart positionne ses artistes sur le marché mondial, faisant le pont entre le savoir-faire européen et les collectionneurs internationaux.

Le saviez-vous ? Le titre de l’exposition, Microclimate, fait référence à la manière dont une œuvre d’art peut modifier l’atmosphère d’une pièce, créant sa propre zone de lumière et de perception, indépendamment de l’environnement extérieur.

Le carnet pratique

  • Où ? Forwart Gallery, Anvers (Modekwartier).
  • Quand ? Jusqu’au 13 juin.
  • Le petit plus : Profitez-en pour observer comment les œuvres de la galerie dialoguent avec des lieux iconiques comme le restaurant The Jane — preuve, s’il en fallait, que le goût du beau n’a pas de frontière.

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